La tombée de la nuit était la plus infernale dans ce lieu de détention rendue minuscule par le nombre de locataires. Il fallait négocier le moindre espace, afin de ne pas se retrouver dans la partie infectée de la pièce, où stationnaient urine et excréments. De cette direction, d une puanteur à couper le souffle, arrivaient des moustiques qui se ruaient sur les prévenues sans arrêt, encouragés par une insupportable chaleur. Des cris et grincements de dents s'élevaient ça et là pour attester de la douleur et des circonstances de détention. Christine s'était recroquevillée, coincée contre une codétenue avec qui elle avait sympathisé, son pagne étalé le long de son corps, libérant à cause de sa petitesse ses jambes posées sur un sol crasseux, noirci par la saleté et conditionné par le froid.