Durant trois mois, le photographe Frédéric Lefever a arpenté le sud-ouest de
la France - des Hautes-Pyrénées à la Gironde, du Pays basque aux Landes et
au Gers -, la Navarre et l'Aragon en Espagne, fasciné par les murs de frontons
de pelote basque implantés au coeur des villages. Il a produit, selon un point
de vue systématiquement frontal, une série de 220 photographies de frontons
«place libre» dont les formes, les couleurs, les détails et les matériaux sont
d'une infinie variété.
À la fois terrain de jeu et lieu de vie, espace de compétition comme de
socialisation, le fronton incarne toute une culture au sens large : une pratique
sportive séculaire et une forme architecturale emblématique derrière laquelle
se profilent des éléments de paysage, urbains ou naturels, un patrimoine et un
état d'esprit, diffusé depuis le Pays basque dans toute la région et au-delà.
Projet esthétique et conceptuel d'une extrême exigence et richesse
documentaire prenant la forme d'une enquête entrant en rapport avec
l'histoire de la peinture, cette oeuvre photographique (dans son intégralité)
est accompagnée d'un entretien de Frédéric Lefever avec la critique d'art
Claire Jacquet, d'un texte littéraire d'Iñigo de Satrústegui mettant en scène ses
souvenirs d'enfance et la place qu'y tiennent les frontons, et d'une approche
historique, par le sociologue du sport Jean-Paul Callède, de ce jeu de pelote
basque venu des âges les plus anciens et résolument tourné vers l'avenir.