«L'Ennemi public» ? L'objet de cet ouvrage polyphonique
est double. D'une part, mettre l'accent sur la prison, lieu de
détention des «ennemis» de la société ; d'autre part, établir
en quoi et sous quelles formes la prison attise l'attention de
créateurs contemporains (plasticiens mais aussi dramaturges,
cinéastes, vidéastes...) désireux d'en fournir une image, une
représentation, une «esthétique».
L'univers carcéral, structure où bannir, où punir, où réinsérer
peut-être les damnés de la société, est ce périmètre maudit où
l'ordre social cumule les échecs - de l'harmonie, du respect dû à
la loi et à autrui, de la liberté. Son statut de périmètre à part n'est
pas sans diffracter sa perception, qu'on devine plurielle - selon
qu'elle est celle de ses pensionnaires durables, les détenus, de ses
pensionnaires occasionnels, ceux qui s'y rendent pour travailler
ou créer, ou de ceux encore qui y trouvent une occasion de
témoigner dans une perspective humaniste, critique ou politique.
Cet ouvrage, «matière à penser», a été publié à l'occasion de l'exposition
«L'Ennemi public», présentée à Paris, à la galerie Madga Danysz,
en janvier-février 2013. Coordonné et co-rédigé par Paul Ardenne,
Magda Danysz et Barbara Polla, il croise les points de vue de multiples
contributeurs : Colombe Babinet, Didier Beaumelle, Benjamin Bonnet,
Jean-Pierre Carbuccia, François Cassingena-Trévedy, Mat Collishaw,
Judith Depaule, Gérald Kerguillec, Sarah Lucas, Joanna Malinowska,
Jean-Michel Pancin, Jhafis Quintero, Jackie Sumell, Rémi Tomaszewski,
Herman Wallace et les étudiants en Mode-Design de la HEAD de Genève.