Député socialiste du Rhône avant (1936-19411) et après (1945-1951) la guerre, André Philip joua un rôle considérable et méconnu dans l'histoire de la France. Rapporteur de la loi sur les "quarante heures" en 1936, ministre de De Gaulle à Londres et à Alger, il a contribué au programme du Conseil national de la résistance. Ministre de l'Economie nationale après la guerre, il a parrainé l'invention de la planification française, nationalisé les banques et les assurances, créé l'Insee. Dès 1948, il a lancé le projet de la CECA (communauté européenne du charbon et de l'acier), à l'origine de la construction européenne. Soucieux de la formation de cadres pour la nation, il a lancé les Maisons des jeunes et de la culture, qu'il a présidées pendant vingt-cinq ans. Interlocuteur intransigeant aussi bien du général De Gaulle que des responsables socialistes, il n'a pas réussi à créer le grand parti travailliste français dont il rêvait. Sa forte tradition protestante cévenole a inspiré tous ses choix politiques : "le christianisme ne peut pas, à moins de se nier lui-même, se réduire à une recherche individuelle du salut. Il implique nécessairement l'affirmation de certaines valeurs collectives et doit su traduire par un engagement sur le plan social."