La Fabrique des grands hommes retrace l'épopée de ces tisseurs lyonnais qui mirent tout leur savoir-faire en oeuvre pour réaliser des portraits en étoffe, à l'imitation de la peinture, d'abord, puis de la gravure et enfin de la photographie. Invraisemblables trompe-l'oeil, ces chefs-d'oeuvre du tissage représentent les grands hommes qui ont fait l'histoire, depuis l'impératrice de toutes les Russies Catherine II jusqu'à Barack Obama. Bien sûr, entre le règne de Louis XV et la fin du XIXe siècle, le pouvoir connaît de nombreux bouleversements, et les tisseurs s'adaptent à cette société qui crie deux fois : "Vive l'Empereur", trois fois . "Vive le roi ", quatre fois : "Vive la République !" L'image des grands hommes, les souverains et les présidents, évolue au gré des régimes, nais la prouesse des tisseurs reste inchangée. Au contraire, elle ne fait qu'accroître. Ces tissus réalisés à la manière des estampes ou des photographies sont troublants. Et quand les frères Lumière inventent les autochromes, les tisseurs ont déjà produit des portraits au rendu photographique, vrais en couleur, devançant même les progrès de la technologie. Aujourd'hui, ce sont les artistes contemporains qui se saisissent des techniques de la Fabrique, pour livrer des portraits tissés qui ne figurent plus forcément les dirigeants, mais parfois des anonymes. Finalement, les grands honnies de cette Fabrique sont-ils vraiment ceux qui figurent sur les portraits tissés ? Ou plutôt les tisseurs eux-mêmes, qui réalisèrent ces oeuvres d'art ?