Regarde le vieux banc de bois monssa
comme un tronc oublié dans la futaie
le portail défondé de sa clôture
le mur qui s'effondre et que rien n'étaie
sait-on comment l'âme arrive aux objets ?
- peut-être est-ce à travers l'humidité
par des canaux de rouille et pourriture
que cette vie redonnée vient scinter
aujourd'hui chacun se plaît à ôter
l'âme à la chose et l'âme à l'homme et surtout l'on s'applique à bien en décrotter l'éternel caoutchouc de nos chaussures
qu'importe que l'âme ait des salissures ?
cours plutôt les sentiers de pauvreté
garde la tête à l'air et les mains nues
on a beau répéter que rien ne dure
toujours trop tôt la mort vient nous botter.
Bertrand Degolt