« ... L'abus d'alcool rendait le lieutenant Karl Keller violent et vulgaire. Il prenait ses quartiers au Café du bon coin, lorsqu'il n'était pas de service. L'endroit sombre et glauque offrait un décor propice à un abandon consenti, dans les limbes de sa dépression. Verre après verre, il ne sentait plus l'odeur aigre et graisseuse qui, saturait l'atmosphère. Il ne s'offusquait plus de la saleté qui recouvrait le carrelage moucheté et encombrait les interstices des plaques de cuivre sommairement collées sur la façade du comptoir. Plus rien ne l'incommodait : il était devenu à l'image du lieu et le lieu avait fini par prendre possession de lui. Ils n'étaient plus qu'un... »
Policier à Saint-Omer, Karl Keller noie son ennui au café en bas de chez lui. Un soir, il se fait tabasser sans raison par des inconnus. Quelques mois Plus tard, quand un cadavre est repêché dans le canal, il reconnaît celle qui accompagnait ses agresseurs. La jeune femme avait prétendu être sa soeur, or Karl Keller est fils unique. A moins que ses parents lui aient caché un secret de famille...