A l'époque de Paul Claudel - il est né en 1868 -, l'avenir
professionnel était plus souvent subi que choisi. Devant
des résultats scolaires brillants, des familles pressées par
les maîtres décidaient la poursuite d'études qui pouvaient
favoriser l'ascension sociale. Ce fut le cas pour Paul et sa soeur
Camille. L'aînée entreprendra une belle carrière de sculpteur.
Le plus jeune deviendra poète et diplomate. Enfant, dès
qu'il sut écrire, il rédigeait de petits poèmes voués à l'âtre
de la cheminée. Il était fasciné par les livres et les revues de
la bibliothèque familiale dans lesquels il découvrait les pays
lointains. Adolescent, il comprit qu'il ne saurait «rester chez
soi avec ses cartes et ses bouquins». Il lui fallait «passer la limite»,
trouver un métier tout en se faisant poète, sans pour autant
mener la vie misérable d'un Baudelaire ou d'un Verlaine.
L'ouvrage retrace le chemin, peuplé d'interrogations, qui mena
Claudel à la fois vers la carrière d'ambassadeur de France et
vers celle d'un grand écrivain.