Derrière le rideau des faits, pleins de bruits et de fureur, de la séquence
historique des «Printemps arabes» ou des «révolutions arabes», il y
a des masses lourdes et des courants qui offrent un autre décodage de
l'histoire. L'argent bien sûr. L'argent des dictatures comme en Libye, en
Tunisie, en Egypte et ailleurs l'argent du Golfe, sommes immenses qui
cherchent à s'investir en Occident et dans le monde arabe pour peser
sur le cours des événements et la politique mondiale. Et des contre-courants.
Les mouvements sociaux et politiques qui enflamment, à
des degrés divers, la rue arabe, suscités ou accompagnés par les médias
satellitaires et les ONG activistes, avant de basculer dans la violence
et la guerre civile parfois, sont aussi des affaires d'argent. Car il faut
de l'argent pour faire la guerre. Au coeur des événements, bénéficiant
par son métier d'un poste d'observation unique, l'auteur raconte les
termes de la grande désillusion des Printemps arabes. Il souligne aussi
les compromissions de l'Occident qui joue avec le feu, mettant chacun
devant ses responsabilités dans la crise actuelle. Il aborde la crise au
sein du monde arabe, entre modernité et tradition, entre un islam des
Lumières et un islam des ténèbres. Un témoignage de premières mains
autant qu'une réflexion humaniste.