Suite à l'exposition « le silence de la Schappe » à l été 2014 à Briançon, Éric Stern poursuit son travail artistique sur les friches militaires du quartier Berwick-Colaud. C est assez logiquement que la ville de Briançon va faire appel à lui pour documenter la destruction de certains bâtiments du quartier pour la grande opération urbanistique du « coeur de ville » prévue sur les dix ou douze prochaines années. Il a choisi la même approche que pour l exposition de la Schappe, en mettant en contrepoint de ses images les témoignages d anciens militaires ayant eu une activité sur le site. Gabriel Stern, son père, est allé à leur rencontre pour recueillir leurs paroles. Dans le passé, il a fallu faire le mur au sens propre du terme, construire le mur d enceinte du quartier militaire pour le construire dans la ville basse. Les jeunes appelés pouvaient alors « faire le mur » selon l'expression consacrée. Avec le projet urbanistique et son début de réalisation, il a fallu casser les murs physiquement, les abattre, les faire tomber pour que la ville puisse créer un centre-ville digne de ce nom ; aménager Briançon comme une ville ouverte sur le monde. Les anciens gardent la nostalgie de ce quartier militaire, de cette ville dans la ville, qui a beaucoup apporté au développement économique, social et sportif de Briançon et du Briançonnais, d'où l'intérêt de confronter leurs témoignages avec le regard contemporain d'Éric Stern.