L'auteur parle de lui-même et de morale, par le je, modestie du on. Il est des êtres singuliers, uniques ; il n'y en a pas de si à part, sauf dans le délire (fécond et génial) du pauvre Jean-Jacques, qui, s'étudiant honnêtement, fidèlement, loyalement, droitement, férocement, ne rejoignent d'autres êtres, et infinis, qui ainsi s'y retrouvent, et en sont touchés, à n'en pas revenir, dans des profondeurs qu'on n'eût pas atteintes en voulant les percer avec l'outrecuidant et présomptueux on, sauf à être un je masqué : le on découle du je qui le comprend. Suffit donc avec ce je qui se complaît en lui-même, et autres déconnages. Ce livre aurait pu porter légitimement certains autres titres. Ainsi Le Renoncement ; L'Intériorisation ; Le Mystère des Contraires (ou Le Jeu mystérieux des contraires, ou Les Équivalences contradictoires) ; Substitutions, Absorptions ; La Pensée magique. On s'en est tenu à La Déraison, qui fut son premier nom. Une particularité de cet ouvrage est qu'il y entre et apparaît régulièrement un homme miraculeux, à qui les dieux avaient octroyé le plus pur génie, qui fut le plus grand pianiste du XXe siècle, et bien plus que cela, bien au-delà, si l'on ne peut plus dire qu'il soit un pianiste, à se demander dans une sorte d'outrance paradoxale si même un musicien, pour ce qu'il sort de son art, dans une transcendance d'abstraction absolue, se propulsant dans un art nouveau, qui n'aura pas de suite ni rien jamais qui l'équivaille. Mystère du miroir créateur ! Cet homme fut l'Ami de l'auteur. L'auteur se sait si gré de l'amour ravageant et justifiant qu'il lui voue, et l'enguirlande comme un chapeau de triomphe enrubanné, qu'il a dédié son livre, non à cet homme, mais à son amour pour lui !