En français de Gamboma, un yankee est une racaille,
un homme sans scrupule, qui peut commettre un
meurtre sans se soucier. Ce yankee, c'est Benjamin.
Très jeune milicien dans la guerre civile qui ravage
le Congo en ces années 1990, il a beaucoup subi, tué, violé.
Pourtant, le narrateur - bon élève à l'école, bon fils d'une
mère qu'il admire - est fasciné par son nouvel ami.
En compagnie du yankee, on est quelqu'un à Gamboma.
Le yankee entend bien, d'ailleurs, que chacun se plie à
ses caprices de jeune soldat. La déambulation des deux
amis fait découvrir le langage, les usages et la gentillesse
de Gamboma, ville jadis paisible au nord du Congo.
Le charme de la narration, la bonté du regard, n'empêchent
pas cette souriante chronique d'être un réquisitoire contre
les enfances massacrées, l'intrusion de l'arbitraire et
la destruction du lien social. Le yankee à Gamboma n'est
pas si loin de Candide.