Depuis quelques temps, l'usage du terme de «guerre» connaît une
remise en cause : d'un côté la guerre est euphémisée par l'usage de
termes moins rudes («intervention», «opération», «maintien de la
paix»), de l'autre, elle est banalisée par un usage extensif (guerre
entre entreprises, guerre contre la maladie, guerre contre la misère). Le
présent ouvrage se réfère donc à la notion de violence dans son
acception générale, puisque les contributions ne se limitent pas à la
violence armée entre communautés politiques.
En présentant l'évolution de la pensée sur la violence collective, les
champs dans lesquels elle se déploie, les paradigmes qui servent à la
comprendre, la justifier et la canaliser, ce livre permet d'appréhender
la violence dans toute sa complexité et de faire ressortir à la fois
ruptures et continuités. L'objectif n'est pas de présenter des
recommandations opérationnelles aux militaires, aux diplomates ou
aux hommes politiques directement engagés dans l'action, mais de
proposer à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre le monde
actuel, des repères théoriques généraux s'appuyant sur de solides
analyses empiriques,.
À une époque où l'incertitude paraît dominer, où les faits présentent
un aspect particulièrement ambivalent, où les informations circulent à
grande vitesse, où les données s'accumulent sans ordre ni hiérarchie, il
apparaissait nécessaire d'éclairer l'action politique par une mise en
perspective scientifique.