Il serait probablement difficile de trouver au XXe siècle un écrivain si hostile à la littérature dite engagée que Leonardo Sciascia (1921-1989). Pourtant, on sait bien que toute son uvre est imprégnée des affaires de la cité et que lui-même avait participé activement à la vie politique de son pays. Comment expliquer ce grandparadoxe ? Le scandale, disait Cornelius Castoriadis au début des années 90, n est pas l exception mais l élément structurel de nos sociétés. Apparemment l écrivain sicilien n a pas attendu les années 90 pour saisir la loi tacite qui gouverne notre monde. Et quand la cité est malade jusqu à la moelle, le seul art qui mérite son nom est celui qui se penche sur sa maladie. Contributions, entre autres, de Pia Petersen, Théo Ananissoh, Denis Wetterwald, Giuseppe Schillaci, Francesco Forlani et Lakis Proguidis.
Dans le reste du sommaire : des critiques allant de l Atlantique à l Oural et du présent au plus lointain passé, des chroniques envoyées des États-Unis, du Québec et de l Allemagne, les notes de lectures de Benoît Duteurtre, un entretien avec Serge Koster, des nouvelles, des réflexions plaisantes et poétiques sur l état de nos âmes.
Le tout agrémenté des dessins humoristiques de Sempé parce que l humour est le propre de L Atelier du roman.