Publiées pour la première fois en 1879, puis considérablement revues et augmentées
en 1891 suite au vif succès de l'ouvrage, Les Vieilleries lyonnaises de Nizier du
Puitspelu, dont nous vous proposons ici les meilleurs extraits, sont un hymne
amoureux et nostalgique à la bonne ville de Lyon où l'auteur passa toute sa vie.
Au fil de ses souvenirs depuis l'âge tendre, Puitspelu nous emmène à la découverte
de cette ville qu'il chérit : dans ce livre teinté d'humour et de sagesse, il nous
dépeint avec affection et sans misérabilisme le quotidien des célèbres canuts, au
travail comme en famille, nous ouvre l'appétit en évoquant la gastronomie locale,
fait revivre les coutumes lyonnaises liées aux fêtes religieuses, nous livre un récit
palpitant des exploits sportifs qui déplaçaient les Lyonnais en foule, s'applique avec
érudition à retracer les origines du parler lyonnais et à le promouvoir, ou encore
nous guide à travers les vieux quartiers pittoresques qui se cachent toujours au-delà
des grandes artères haussmanniennes.
Observateur du temps présent tout autant que mémoire de la ville, ce républicain
libéral, chrétien et modéré égratigne au passage avec beaucoup d'humour les
idéologies et passions politiques de son temps, l'ostentation et l'instrumentalisation
de la religion, ou encore l'uniformisation de l'architecture et du langage (sujets
qu'en tant qu'architecte et philologue il maîtrise à la perfection). Son livre est ainsi
autant un témoignage précieux sur la France qui lui était contemporaine que sur les
traditions du vieux Lyon disparu dont il a vu briller les derniers feux.