Le 11 janvier 1961 coulait, au large de Gibraltar, le Egoz, faisant 43 victimes juives marocaines et dévoilant aux yeux du monde l'action du Mossad pour aider à la fuite vers Israël des Juifs, dont l'émigration avait été interdite par le roi Hassan II. Des décennies plus tard, un groupe de sayanim - journalistes, acteurs, avocats ou hommes politiques - mené par Michel-Samuel Taïeb et désireux d'exploiter ce « mini-holocauste » se réunit à Marrakech afin de mettre en place les conditions et les instruments utiles à sa mémoire : réécriture de l'histoire des Juifs du Maroc, création d'un mémorial, projet de documentaire, etc. Chacun active alors son réseau afin de faire émerger le sujet dans les médias, sensibiliser le public et obtenir la collaboration des politiques.