Composée entre 1303 et 1321, la Divine Comédie est une des plus importantes œuvres qui nous soient parvenues de l’époque médiévale. Point de départ de son épopée métaphysique, l’auteur raconte, dans le premier chant, l’égarement spirituel dans lequel il se trouve, symbolisé par une forêt obscure. Apercevant alors une colline illuminée, il sait que c’est là la seule issue vers laquelle il doit se diriger, malgré les dangers et la peur qui le terrasse. Le poète Virgile, puis Béatrice, sa muse morte alors qu’elle n’avait que vingt-huit ans, vont lui servir de guide tout au long d’un périple qui le conduira du plus profond de l’Enfer jusqu’au plus haut de l’Empyrée, région située au-delà du monde physique où règne l’ « Amour qui meut le soleil et les autres étoiles ». Au cours de son voyage, Dante rencontre les mânes de personnages historiques – Cléopâtre ou Hélène de Troie dans la sphère des châtiés pour luxure, Caïn, Brutus et bien sûr Judas dans celle des traîtres -, punis pour leurs péchés ou tentant de les expier pour gagner enfin le Paradis et rejoindre ceux qui, par leur vie exemplaire, ont mérité d’y monter d’une seule traite. Il observe leur condition, s’enquière des raisons qui les ont menés là, leur pose des questions, philosophiques pour les uns, plus pragmatiques pour les autres, et tente ainsi de comprendre l’âme humaine et le dessein de Dieu. Divisée en 3 quantiques, « L’Enfer », « Le Purgatoire » et « Le Paradis », composés chacun de 33 chants – le chiffre 3 symbolisant la Trinité -, plus un chant inaugural, la Divine Comédie contient au total 100 chants – le chiffre 1 symbolisant l’Unité -, richement illustrés par plus de cent trente gravures de Gustave Doré et traduits ici en vers par Louis de Ratisbonne avec un rare talent salué par Alphonse de Lamartine : « Il a rendu la forme, la couleur, l’accent, le son. Il a communiqué au mètre français la vibration du mètre toscan ; il a transformé, à force d’art, la période poétique française en tercets du Dant