Le Club d'Histoire du CAP Centre Social, né en septembre
2002 du souhait d'un groupe d'habitants, avait comme devise
«Mieux connaître et faire connaître Tonnay-Charente». Les
membres sont partis d'un constat, celui d'une ville possédant
un riche passé, mais dont les archives sont éparpillées, les
vestiges peu apparents, et une histoire méconnue ou oubliée
malgré un premier ouvrage de l'abbé Brodut remontant
au début du XXe siècle. Le club, composé d'une trentaine de
membres actifs et animé par Françoise Bonnin et Françoise
Stroh, édite avec l'aide de la municipalité la petite revue Les
Cahiers de Charente et organise des conférences. L'objectif final
est de garder en mémoire le passé de la ville en s'appuyant
sur l'enthousiasme de nombreux tonnacquois qui ont effectué
recherches et témoignages, prêté documents et photos et ont alimenté de nombreux articles sur l'histoire de la ville. C'est cette production
foisonnante qui a attiré l'attention d'Éric Normand, archéologue médiéviste à la DRAC de Poitou-Charentes et de Thierry Sauzeau, professeur
d'histoire Moderne à l'université de Poitiers. Ces derniers se sont proposés pour coordonner cette aventure collective.
L'histoire de Tonnay-Charente n'est pas à proprement parler celle d'un chef-lieu de canton, dominant son «pays» rural, à l'instar de nombreuses
petites villes de taille comparable. C'est tout d'abord un site fluvial favorisant une implantation humaine ancienne, avant de devenir une
seigneurie contrôlant la basse vallée de la Charente et qui favorise le développement d'une place de commerce mettant en relation un arrière-pays
saintongeais et l'Atlantique. Cette fonction d'interface constitue l'atout de «Charente» à la veille des Grandes Découvertes de sorte que
les Tonnacquois accompagnent les Rochelais à l'aube du grand commerce maritime (XVe-XVIe siècles). Les guerres de Religion puis la fondation
de Rochefort infléchissent la trajectoire de la ville-port sans empêcher son développement comme entrepôt du sel et de l'eau de vie avant la
diversification et la croissance économique au XIXe siècle. À la veille de la Grande Guerre, Tonnay-Charente peut s'enorgueillir d'être un carrefour
des échanges, avec son pont suspendu, ses quais et sa gare. Pourtant, c'est cette même révolution des transports qui sonnent le repli de l'activité
portuaire et commande une expansion urbaine dos au fleuve, durant tout le XXe siècle. En ce début de XXIe siècle, après avoir embelli ses quais, et
dans le sillage de grandes cités portuaires (Bordeaux, Nantes) Tonnay-Charente redécouvre son fleuve et le rôle essentiel qu'il a joué dans son
développement. Un siècle après l'abbé Brodut, l'Histoire de Tonnay-Charente est l'objet de toutes les attentions de son dynamique club d'histoire.
Avec le soutien de la municipalité, c'est un groupe d'érudits, de chercheurs amateurs ou plus confirmés et de professionnels qui a uni ses efforts
dans ce nouvel ouvrage. Dans ces pages abondamment illustrées de documents provenant souvent de fonds privés, sont présentés au public les
résultats de recherches inédites mais aussi les pistes de travaux encore à réaliser, car on ne saurait prétendre avoir épuisé ici, la très riche histoire
de Tonnay-Charente.