«Mousquet sur l'épaule, ils partirent a la chasse à l'homme. Depuis les embrasures
des fenêtres ils abattaient prêtres et fidèles puis plantaient le reste sur des piques.
Ils rassemblaient les femmes en troupeaux sur les places, les soumettaient en plein
jour a leur lubricité. [...] Puis quelques-uns voulurent s'exercer a manger de la chair
humaine, disaient que la viande catholique avait un goût aigre.» Ainsi Alfred Döblin
décrit-il dans son chef-d'oeuvre, Wallenstein, les horreurs de la guerre de Trente Ans
(1618-1648), première grande guerre de l'Occident durant laquelle se joua le destin
de l'Europe moderne.
Au sud du Saint Empire, en cet hiver 1637, un battement d'ailes noires précéde les
troupes mercenaires des condottieri protestants. La peste décime les villageois, et
ceux qui en réchappent périront par l'épée au nom de la vraie foi et de la cupidité
des princes. Pourtant, au fond d'une vallée épargnée par le fracas des armes, demeure
un village prospère ou Vogel, un érudit en guenilles venu du nord, pénse avoir
trouve refuge. Mais c'est sans compter sur l'arrivée d'une compagnie d'irréguliers
commandée par un reitre aussi violent qu'énigmatique. Pour éviter le saccage de la
vallée, Vogel et les villageois vont devoir composer avec le Capitaine.
Roman historique aux résonances actuelles saisissantes, La Dernière Vallée de John
Barclay Pick donne à voir l'enfer né de l'intégrisme religieux et de la folie guerrière.
Adapté en 1971 par James Clavell avec, dans les rôles principaux, Michael Caine et
Omar Sharif, The Last Valley est de ces bijoux cinématographiques injustement tombés
dans l'oubli à réhabiliter d'urgence.