Bien que Thomas d'Aquin (1225-1274) soit considéré
comme l'un des principaux maîtres de la théologie
catholique, les textes retenus dans cette anthologie ne
concernent que la vie morale et la vie sociale.
Thomas considère que contrairement aux animaux,
l'homme a non seulement le pouvoir de produire son action
par lui-même mais aussi de la diriger selon sa propre
volonté, d'échapper au déterminisme. Sous cet aspect, les
hommes sont des êtres de liberté, responsables de leurs
actes. Du fait de cette dignité particulière qui la place au
sommet de l'échelle des êtres, la personne humaine ne
peut pas appartenir tout entière à la communauté politique.
Certes, dit Thomas, la personne est ordonnée au
bien commun et donc elle doit s'engager dans la cité, au
service des autres, parce qu'elle est une partie de la cité
qui est un tout plus grand que la partie. Mais la personne
ne saurait jamais se réduire au service de la communauté
ou de l'État. Elle existe aussi pour elle-même comme un
tout. Il en découle que le pouvoir doit être limité et qu'il
ne peut imposer aux hommes des obligations qui seraient
illégitimes au regard de la loi naturelle.