Arrivé du Mali en 2001, Souleymane Bagayogo est d'abord
plongeur, puis préparateur de commandes pour de grandes
enseignes, avant de devenir agent de sécurité en 2005. Travailleur
sans-papiers, il est contrôlé et arrêté sur son lieu de travail le
25 juillet 2006. Mis en rétention au CRA de Bobigny, il est
victime de violences policières lors d'une première tentative
d'expulsion en août 2006, mise en échec grâce à la mobilisation
de la CGT et au soulèvement des passagers de l'avion. Il sera
tout de même renvoyé au Mali, laissant derrière lui sa femme et
leur petite fille de neuf mois.
Après deux ans de luttes, soutenu par l'association malienne
des expulsés et la CGT, il parvient à revenir en France pour assister
au procès de son ex-employeur au Tribunal des Prud'hommes.
Il gagne son procès et sa situation administrative est régularisée,
il est de nouveau autorisé à vivre et à travailler en France.
L'histoire de Souleymane Bagayogo a été très suivie dans la
presse nationale. Un court métrage, nominé aux Césars en 2012,
La France qui se lève tôt, lui a été consacré.
«À tous ceux qui croient que le repli identitaire est la meilleure
façon de se protéger et de se développer, il faut dire que la Terre
appartient à tous, que rien ni personne ne pourra empêcher le
déplacement des hommes et des femmes qui fuient la guerre, les
agressions de toutes sortes, la dictature et la famine, et espèrent
une vie meilleure, ailleurs.»