L’Univers n’est qu’un ensemble de mots, de phrases et de textes, en chaque pierre, arbre, être vivant ou civilisation. Tout est parole et le monde physique est un reflet du monde spirituel. Les idées sont antérieures à toutes nos civilisations. Elles existent indépendamment de nous et de nos cultures. Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, mais utiles à la vie, dans sa diversité. Ce sont nos intentions qui peuvent leur donner une orientation bonne ou mauvaise.
La lumière ne s’oppose pas aux ténèbres, ni l’amour à la haine. L’opposition naît de la confusion entre la nature et la culture, l’idée et ses multiples formes d’expression. L’amour et la haine, la colère et la joie, la vérité et le mensonge, la violence et la paix sont des énergies neutres, utiles et belles qu’il ne faut pas appréhender du seul point de vue de l’expérience humaine, car ces leviers de la vie peuvent servir le bien ou le mal, selon qu’ils sont poussés par une bonne ou une mauvaise volonté. De nombreuses approches philosophiques et théologiques du monde des idées restent anthropomorphiques et sectaires. Il faut aimer la haine, le mensonge, la colère et tout ce que la morale dualiste présente comme de vilains péchés. Les mots sont les cellules de l’Esprit qui est infini, intemporel et divin. Il ne faut point réduire leur immense champ d’expression à nos intentions, nos sentiments et nos coutumes. Cet ouvrage nous invite à régénérer la sagesse humaine dans l’harmonie du Verbe que la peur, l’ignorance et l’égoïsme s’emploient à détricoter depuis plusieurs millénaires.