Algorithmes, moines et marchands
Il est beaucoup question aujourd'hui des algorithmes. On les associe aux ordinateurs, à Google, aux réseaux sociaux et à l'intelligence artificielle. Mais leur histoire est bien plus ancienne, car les humains, pour des besoins concrets, ont toujours été confrontés à la nécessité de résoudre des problèmes mathématiques à l'aide de règles formelles, qu'il s'agisse de distribuer des produits agricoles, de partager un héritage, de mesurer un terrain ou d'échanger des marchandises.
Le Moyen Âge fut une période de grande évolution, avec la redécouverte de l'héritage grec et l'apport des mathématiciens arabes qui, au IXe siècle, diffusèrent dans le bassin méditerranéen le système de numération indien, transformant radicalement les manières de calculer.
Dans cet ouvrage, Giorgio Ausiello convoque les figures d'al-Khwarizmi (le terme « algorithme » est dérivé de son nom) et celles des moines espagnols qui traduisirent en latin les mathématiciens arabes. Il y est question de Fibonacci, marchand et mathématicien pisan, des « maîtres d'abaque », qui enseignaient le calcul aux fils de marchands, ainsi que des mathématiciens humanistes tels que Piero della Francesca et Luca Pacioli. Autant de représentants d'une société qui, dès l'époque médiévale, jetait les bases du présent.
Quand l'histoire des mathématiques explore les origines d'un concept clé du monde actuel.