« La troisième Barbara retourne souvent chez sa grand-mère, qui lui prend le visage dans les mains et la regarde longuement. Elles n'ont plus besoin de tourner les pages des albums photos. Elles se regardent en miroir. Le pays d'origine n'est toujours pas nommé. La nostalgie a été transmise, héritée. Elle fonctionne maintenant en boucle, comme un train électrique qui tourne tout seul en rond. Un petit train sur son circuit fermé qui empêche précisément de sentir que le temps ne tourne pas sur un cercle, qu'il va tout droit vers sa fin comme une flèche. Ma petite fille, ma Lolote, comme tu étais jolie quand tu avais deux ans. Trois mille roses, j'avais, dans mon jardin. Ton grand-père, toutes les nuits il y est. Il y va en rêve. »
Françoise Prax signe ici son premier roman, avec en toile de fond le pays que l'on a dû quitter et que l'on ne nomme jamais, et les rêves de l'enfance qui nous portent toute la vie.
Trois Mille Roses raconte l'histoire de trois femmes qui cherchent à exister d'une façon libre et autonome. Leurs vies se chevauchent' et s'entremêlent. Elles sont de la même famille, elles ont quitté un pays outre-mer dont le nom n'est jamais prononcé, ce qui le rend redoutable.
Ce roman est aussi une recherche de la poésie dans la vie. Et une écriture juste, émouvante et drôle.