Peut-on mettre en relation - et de quelle façon ? -
l'émergence et le déploiement de la science moderne,
au XVIIe siècle, avec ceux du "libertinage" ou "libertinisme"
pendant la même période ? C'est à cette question complexe
et quelque peu redoutable, car elle concerne les origines de
notre modernité, que se sont efforcés de répondre treize
historiens des idées scientifiques, philosophiques ou
littéraires. Il n'était pas à l'ordre du jour - il parut même
présomptueux ou prématuré - d'affronter le problème dans
son abstraite généralité : il s'agissait bien plutôt de mettre
en lumière, aussi précisément et concrètement que possible,
le cheminement intellectuel de certains hommes de science,
de certains libertins avérés, ou la fortune d'une idée
apparemment "transversale". Ce recueil permet le repérage
des nombreuses voies de rencontre qui parfois favorisèrent
le dialogue entre hommes de science et esprits "déniaisés"
au XVIIe siècle, mais aussi des obstacles qui parfois
l'empêchèrent. Il fait peut-être entrevoir la lente émergence
d'un régime univoque de la "raison", à mesure que le siècle
avance. Enfin, sa polyphonie interdisciplinaire apporte un
éclairage varié sur certaines théories et notions
philosophiques, comme l'atomisme et l'infini, qui jouent un
rôle capital au XVIIe siècle.