Il n'est guère d'études traitant du dessin enfantin où il ne soit fait allusion aux travaux de Luquet. Rien de plus méconnu cependant que cette œuvre dont on se contente en général de retenir quelques formules qui n'en donnent qu'une idée assez faible. Lorsque au contraire on considère dans son ensemble un livre comme " Le Dessin enfantin " qui fut si longtemps introuvable, on s'aperçoit que Luquet a ouvert la voie à la compréhension des mécanismes de l'acte créateur chez l'enfant. Venant après " Les Dessins d'un Enfant ", sorte de monographie de la totalité des dessins de sa fille, " Le Dessin enfantin " se présente comme une synthèse magistrale de toutes les observations que Luquet avait pu recueillir grâce à son expérience, et au travers d'une immense collection de documents provenant de différents pays. Il ne s'agit pourtant pas là d'un sec exposé théorique, mais au contraire d'un récit très vivant où le philosophe sait toujours s'effacer devant l'enfant, essayant seulement de la comprendre et non point de la juger. Les particularités du dessin enfantin ne sont pas interprétées ici par rapport à des normes, mais étudiées pour leur valeur intrinsèque, en tant que forme primitive de l'expression graphique. Ce livre d'une lecture extrêmement agréable se doit de figurer en bonne place dans la bibliothèque de tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, se trouvent mêlés à des activités enfantines.