L'informatique, entend-on dire, tue la poésie. Sa rigidité (sa frigidité ?), son impitoyable
précision seraient les ennemis irréductibles de la sensualité.
Par les cent dix-neuf dessins présentés ici, j'espère démontrer le contraire.
L'automobile est née avec l'industrialisation. Machine, elle est fille de machine.
Dans son patrimoine génétique, il y a le fer, la vapeur, l'essence, le caoutchouc
rien de vivant. Et pourtant, ses formes, très vite, ont évolué, recherchant la
performance et l'efficacité, copiant en cela l'évolution darwinienne qui a doté
les êtres vivants des attributs nécessaires à leur survie. Et, pour la même raison,
la machine est devenue belle.
Hier, l'artiste peignait la nature, et ainsi le vivant rendait hommage au vivant.
Aujourd'hui, l'ordinateur dessine ou redessine l'automobile, et ainsi la machine
rend hommage à la machine, avec cette compréhension naturelle et organique
qui relie deux systèmes issus de la même genèse.