À l'Académie française, un technicien de surface a
découvert par hasard un manuscrit, peut-être de Voltaire,
sous un bout de pain oublié depuis longtemps par le maître
lui-même. Selon la légende, l'académicien gardait son vieux
croûton dans un tiroir et le grignotait en raison de douleurs
d'estomac qu'il éprouvait durant les séances. L'employé zélé
ne savait que faire de ce texte (des ordres lui ayant été donnés
de le «foutre à la poubelle et de cesser d'emmerder son monde
avec cette histoire !»). Il eut l'idée de remettre le manuscrit
à son ami Paul, le «détraqué moteur»... Ces chapitres inédits
de Candide ne comportent aucune indication qui permettrait
de les intégrer au récit général de Voltaire, seulement des
lettres de A à Z témoignant de la volonté de produire un
ensemble. Peut-être ont-ils été écartés de son ouvrage par
l'auteur lui-même, qui a dû rencontrer quelques incrédules
parmi ses lecteurs du XVIIIe siècle. La description qu'il fait de ce
XXIe siècle, des événements qui s'y déroulent, si extravagants
pour ses contemporains du XVIIIe, ne serait pas sans justifier
une telle attitude...
À travers ces nouvelles pérégrinations de Candide,
c'est notre monde qu'interroge le héros de Paul Melki.
Avec la «racaille», il partage l'exclusion, la pauvreté,
l'incompréhension. Mais pour s'extirper de cet affreux
guêpier, il devra s'en remettre au soutien de ses éternels amis
et à d'improbables rencontres... Paul, pour sa part, compte
avant tout sur la littérature, dans ce texte rempli d'humour
et truffé d'étincelles.