La notion d'état mixte, telle que définie par Kraepelin, s'est progressivement élargie pour recouvrir ce qu'il conviendrait d'appeler les manies dysphoriques. Trop souvent méconnues, elles participent vraisemblablement à des confusions diagnostiques avec les troubles psychotiques et certains troubles de la personnalité. Par-delà leur intérêt clinique, les états mixtes soulèvent des interrogations quant aux symptômes constitutifs du noyau de la munie, et remettent en cause l'appartenance de l'humeur dysphorique à ce noyau. Les états mixtes illustrent enfin la pertinence d'une représentation dimensionnelle des troubles psychiatriques, favorisant l'émergence d'hypothèses physiopathologiques.