Roccu Clementi a onze ans quand son père est massacré
dans la vallée d'Ascu par les troupes du général d'Arcambal.
«A la fin du printemps de l'année 1769, après la défaite de
Ponte Novu et le départ de Pasquale Paoli, on avait compris
que la loi des nouveaux maîtres de l'île serait inflexible, qu'elle
s'abattrait sur les villes comme sur les villages. (...) Car la
conquête militaire achevée, il avait fallu dresser l'état des lieux,
inventorier les biens et les propriétés, prendre possession des
terres acquises par la couronne de France, rentabiliser les
dépenses de guerre et faire enfin rentrer l'impôt dans les caisses
du roi...»
C'est dans cette Corse toujours rebelle, que le nouveau pouvoir
n'arrive pas à soumettre, que grandit l'enfant taciturne ;
soupçonné à tort d'être l'auteur d'un crime odieux, il disparaît
d'Ascu. Peu après, le mystérieux Speranza, à la tête d'une poignée
d'hommes, harcèle les agents de l'administration royale.
Un autre Roccu Clementi, cent cinquante ans plus tard, fait
revivre cette histoire ; un Roccu Clementi qu'une autre guerre
- dont il ne comprend pas la légitimité - a privé lui aussi de
son père.
Speranza est en vérité un roman d'amour : l'amour
d'hommes pour leur terre natale, pour sa beauté, sa rudesse et
sa douceur, son histoire qui les habite et parfois les submerge.