L'action et la pensée de Dina Dreyfus (1911-1999), ne furent pas
moins clandestines qu'importantes.
Restée dans l'ombre de son premier mari, Claude Lévi-Strauss,
dont on ignore trop souvent qu'elle fut la co-organisatrice de la
mission «Claude et Dina Lévi-Strauss» sur les Indiens du Mato-Grosso,
Dina Dreyfus fut pourtant une ethnologue de terrain,
qui sut participer activement à la fondation et au rayonnement
de la discipline. Pendant la guerre, ses actes de résistance dans
les réseaux montpelliérains, furent menés dans la clandestinité
alors qu'elle enseignait sous la fausse identité de Denise Roche.
Enfin, elle conçut son travail d'enseignant puis d'inspecteur
général de philosophie comme une mission au service des élèves
et des enseignants. Ses réflexions sur la pédagogie (notamment
sur l'enseignement de la philosophie et sur la philosophie de
l'enseignement) n'en sont pas moins de premier ordre. Elle
fut la première à comprendre l'utilité des différents médias
(notamment le média audio-visuel) dans l'enseignement.