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Les usages de la preuve d'Henri Estienne à Jeremy Bentham

Jean-Pierre Schandeler
  • 14/10/2014
  • Hermann
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Couverture de Les usages de la preuve d'Henri Estienne à Jeremy Bentham par Jean-Pierre Schandeler

Résumé

Les Usages de la preuve d'Henri Estienne à Jeremy Bentham

Preuve, démonstration, mais aussi preuve canonique, preuve vulgaire, semi-preuve, preuve muette... ; proof, evidence et encore mark, sign, note, token, love-token... Sous l'Ancien Régime, les champs sémantiques de la « preuve » sont aussi complexes et plastiques que ses usages. Le vocabulaire de la « preuve » est omniprésent dans le langage des juristes, des mathématiciens, des philologues, des philosophes, des religieux, des néo-convertis, des sages-femmes, des historiens, des dramaturges et des romanciers. La notion circule et innerve des pratiques très diverses, parfois de manière inattendue. La plaidoirie ou le réquisitoire réorganisent les faits, créant des fables qui s'éloignent quelquefois de la réalité et qui, ayant leurs logiques et leurs causalités propres, tendent à transformer la vérité en mensonge et le mensonge en vérité. Ces ressorts sont aussi ceux de la fiction qui exploite toutes les ressources de la probation, depuis la production de signes jusqu'à la caution de « l'extra-ordinaire » dans le théâtre ou dans les récits de conversion, où preuve et signe viennent à se confondre. Dans d'autres domaines, pour assurer le passage de « liaisons nécessaires » entre des éléments divers qui conduisent à la certitude, à « l'analyse morale » qui s'appuie sur des relations probables pour établir l'innocence ou la culpabilité, il faut s'être approprié un art de la démonstration qui, ayant traversé la métaphysique et les mathématiques, parvient au droit. Ce passage-là marque le rôle historiquement grandissant de la probabilité dans la prise de décision et dans la conception de la vérité.

Le présent volume interroge les linéaments sémantiques et les usages de la notion de preuve, du XVIe au XVIIIe siècle, essentiellement en France et en Grande-Bretagne. Les études qui le composent suggèrent que ces divers usages constituent l'un des aspects du long processus de division des savoirs.

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