«Parmi les nombreux catholiques emprisonnés pendant trente
ans ou plus en Chine, plusieurs nous ont laissé leurs mémoires.
Bon nombre de ces récits sont restés longtemps dans un tiroir. Il
y avait des raisons valables pour agir de cette façon : il
s'agissait d'éviter l'irritation des autorités politiques, pouvant
mettre encore plus en danger nos frères dans la foi. Il faut
cependant admettre qu'il y avait aussi une espèce de répugnance,
même de la part des membres de l'Église, à dénoncer clairement
les persécutions subies sous le régime de Mao.
Pendant de longues années, le maoïsme a été exalté au-delà des
limites du raisonnable. Même ceux qui n'étaient pas d'accord
n'ont pas eu le courage ou la liberté intérieure de s'exprimer à
contre-courant de l'idéologie de la masse, peut-être pour ne pas
être comptés parmi les réactionnaires. Poursuivre aujourd'hui
sur la voie du silence serait une erreur incompréhensible et
impardonnable. Comme nous l'a rappelé Jean-Paul II, nous avons
un devoir de mémoire envers les martyrs du XXe siècle, envers
tous les martyrs, sous tous les régimes et sans réticence aucune.»
Cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque de Hong Kong