On lira avec plaisir le petit livre de Claude Alzon écrit «à l'arraché » dans un style aussi nerveux que mordant. Alzon reprend la critique que les féministes font aux partis de gauche. L'exploitation de la femme provient-elle uniquement du système capitaliste et donc du pouvoir bourgeois ? Personne ne l'a explicitement dit mais les partis de gauche feignent de croire qu'ils sont fidèles à la pensée de Marx et Engels en refusant de considérer le problème de la femme indépendamment de celui de la lutte des classes. Reconnaissons avec l'auteur que la critique féministe de l'exploitation de la femme doit doubler et compléter la critique marxiste de l'exploitation. [...] L'auteur se place généralement dans la position du juge. Il renvoie, dos à dos, toutes les parties. Les bourgeoises, parce qu'elles sont exploiteuses. Les féministes, parce qu'elles n'osent pas mener le combat sur tous les fronts de l'oppression. Les ouvrières surexploitées parce qu'elles ne se révoltent pas. Qu'il est doux de voir les choses aussi clairement... mais le propre de l'exploité c'est de n'être pas maitre de la situation. Enfin... lisez Femme potiche. Femme bonniche... Les Cahiers du GRIF, N. 1, 1973. Le féminisme pour quoi faire ?