La Chine réalise le paradoxe d'être à la fois l'un des derniers régimes communistes de la planète et une économie qui bat tous les records de croissance. Les réformes en cours à partir de 1978 ont métamorphosé l'économie chinoise : l'agriculture a été décollectivisée, les prix et le commerce libéralisés, les marchés ont remplacé le plan central, et les capitaux étrangers affluent. La consommation alimentaire des 1 milliard 130 millions de Chinois a enfin dépassé le seuil de subsistance et s'est diversifiée, l'équipement des ménages en biens durables a fait un bond en avant ; ces progrès ont leur revers : la montée des inégalités, le risque d'un chômage massif et d'une détérioration des services collectifs. La croissance économique, rapide et désordonnée, tirée par une nouvelle vague d'industrialisation dans les régions côtières de la Chine du Sud, s'accompagne de tensions inflationnistes, de déséquilibres sectoriels et de disparités régionales accrues. Le pôle commercial Hong Kong/Chine développe une formidable puissance exportatrice, qui associe les réserves inépuisables de main d'œuvre du continent et le savoir-faire technique et commercial de la colonie. Cette nouvelle économie chinoise ouvre de nouvelles perspectives aux pays d'Asie et exerce une puissante force d'attraction sur l'ensemble du monde chinois.