Mouvements des idées et des luttes
« Depuis 2002 j'ai donc engagé un combat pour la maîtrise du débat d'idées. Je parle de l'école en dénonçant l'héritage de 68. Je dénonce le relativisme intellectuel, culturel, moral [...] Au fond, j'ai fait mienne l'analyse de Gramsci : le pouvoir se gagne par les idées. » (N. Sarkozy, Le Figaro, 17 avril 2007).
L'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy a semblé marquer la victoire culturelle d'une droite d'un genre inédit, revendiquant un corpus idéologique renouvelé. Cette victoire est-elle celle d'une nouvelle tendance en rupture avec les références, les valeurs et les idées traditionnelles de cette famille de pensée ou correspond-elle, plus prosaïquement, au triomphe d'une communication politique qui est parvenue à présenter sous l'angle de la rupture une rhétorique réactionnaire ? Bien que sa stratégie de conquête du pouvoir se soit fondée sur l'appropriation de thématiques délaissées par la gauche, et l'application de techniques expérimentées dans le monde anglosaxon, la « new droite » semble augurer une révolution conservatrice bien française.
Dans le numéro 53 janvier-mars 2008
De quoi avons-nous (vraiment) besoin ?
Le bien-être matériel rend-il heureux ? L'augmentation de la consommation de produits et de services se traduit-elle par une augmentation de la satisfaction individuelle et collective ? Notre mode de vie est-il soutenable à terme ? Le prochain dossier de Mouvements se confronte à ce paradoxe et s'efforce de refaire de la question des besoins une question politique. Faut-il réactiver la critique de la société de consommation comme une dimension centrale de la critique du capitalisme ?