«Entre guerres et conflits. La planète sous tension» : un thème-événement que celui
de l'édition 2008 du Festival international de géographie, si l'on se souvient du tabou
puis de l'extrême réticence des géographes universitaires à intégrer le politique dans
le raisonnement géographique, en dépit des travaux d'Yves Lacoste et alors même que
la géopolitique est au programme des lycées depuis plus de dix ans.
Incontestablement pionnière dans ce domaine, l'équipe d'Hérodote se devait de faire
le point théorique et méthodologique sur sa démarche géopolitique mise en oeuvre depuis
1976. Cette démarche s'appuie fondamentalement sur le raisonnement géographique,
intégrant à la fois les caractéristiques physiques et humaines des territoires et leur histoire.
Ces liens entre raisonnement géographique et histoire sont encore renforcés dans
la démarche géopolitique d'Hérodote : la revue accorde une grande importance aux
confrontations des représentations territorialisées des différents protagonistes, forgées
au cours d'épisodes historiques parfois très lointains. Si la guerre procède toujours d'un
conflit, tous les conflits ne dégénèrent pas en guerre. Néanmoins, il nous paraît important
de préciser qu'Hérodote analyse les conflits territorialisés et non les conflits de personnes.
Réaffirmation de l'importance du raisonnement géographique dans toute démarche
géopolitique, les articles de ce numéro en démontrent, une fois de plus, la remarquable
efficacité. Et cela, qu'il soit appliqué au conflit entre Israël et la Palestine, aux rivalités
pour le contrôle de la région de Bassora en Irak, aux stratégies électorales aux États-Unis
ou encore aux conflits liés à des projets d'aménagement du territoire.