Trente ans après la victoire de François Mitterrand et à
la veille d'une autre élection présidentielle, que veut la
gauche ? Un slogan rimbaldien - «Changer la vie» - symbolisa
en 1981 une ambition politique. Gouverner, c'était changer les
rapports sociaux, économiques et de genre. Que reste-t-il de
ce projet de transformation radicale ? Mouvements se penche
sur une gauche française en débat : la stratégie électorale,
la politique fiscale et économique, les droits sociaux, la
réforme des institutions, la politique étrangère, l'Europe,
les rapports de genre, les mouvements sociaux. Dans quel
état les principaux partis de gauche abordent-ils l'élection
de 2012 ? Quel rôle jouent les intellectuels ? Pour changer
la vie, ne faudrait-il pas commencer par changer la gauche ?
En 1992, le sommet de la Terre de Rio devait marquer une étape décisive dans
l'invention d'un mode de développement qui concilie question sociale et respect
de l'environnement. Vingt ans plus tard, le constat est cruel : ce développement
n'est pas «durable». La biodiversité s'appauvrit, les concentrations de gaz à effet
de serre dans l'atmosphère augmentent, les forêts reculent et les déserts avancent
; alors même que ce mode de développement ne permet pas de réduire les
inégalités sociales.
À l'occasion du sommet Rio+20, Mouvements met en débat nos modes de développement,
dans un numéro en trois parties : un bilan critique des conventions
issues du sommet de 1992, une exploration des contradictions et tensions propres
au mode de développement organisé autour de l'extraction des ressources naturelles,
et une discussion d'alternatives telles que les droits de la nature, l'idée (et
les politiques) du «bien-vivre», qui représentent autant de pistes pour sortir de
cette «extractivisme» destructeur de la planète et de nos sociétés.