Le 6 mai 2012, la France se prononce pour «le changement,
maintenant». La présidentielle tourne une
longue page autoritaire, xénophobe et désastreuse
au regard des droits, des libertés, du vivre ensemble.
Mais la victoire de la gauche est courte et les défis
sont redoutables. Au poids d'un héritage éthique
sulfureux s'ajoute une conjoncture financière qui
menace la démocratie et fragilise la construction
européenne. À cela s'ajoute l'offensive des leaders
de la «droite républicaine» qui, lorgnant trop
souvent vers le Front national, assimilent les projets
du gouvernement à un chaos social, voire à l'«anti-France»
- qu'il s'agisse de la police et de l'ordre
public, de la place des étrangers et de l'islam, du rôle
de la justice et de la famille. Dans ce climat tendu,
la Ligue des droits de l'Homme insiste sur la nécessaire
revalorisation du débat public et de la représentation
politique, sur l'amélioration des rapports
citoyens/police, sur l'approfondissement de la démocratie.
Autant de mesures constitutives d'un «changement
maintenant» dont l'adoption ne doit pas
être ajournée sous prétexte de difficultés économiques.
Or les atermoiements du gouvernement, en
particulier sur les terrains où la droite se montre la
plus agressive, nourrissent impatiences, doutes et
déceptions. Au vu des attentes et des urgences
démocratiques et sociales, la République reste en
souffrance.
Ni bilan ni anticipation, ce livre bienvenu revient
sur quelques-uns des dossiers phares de la période,
en restitue la trame pour en éclairer les contradictions
et les issues possibles afin d'aider aux nécessaires
mobilisations citoyennes.