Mouvements des idées et des luttes
La ville ne fait pas mouvement, et encore moins parti. Aucun mouvement social de grande ampleur ne se réclamant de la ville n'est apparu sur la scène politique ces dernières années. Dans les partis politiques, cette question demeure une question technique qui exclut toute revendication générale de citoyenneté urbaine. Pourtant, nos villes sont sous tensions : immobilier qui flambe, quartiers relégués qui s'embrasent, populations roms chassées vers les fumées des périphériques... L'existence de contre-feux allumés par des associations ou collectifs militants, et l'ardeur de leurs enthousiasmes indiquent qu'un imaginaire politique se reconstitue autour de la question urbaine. De la reprise en main des quartiers par leurs habitants à la réquisition de logements vacants, c'est le militantisme urbain et sa capacité à devenir un front des luttes sociales que ce dossier voudrait interroger.
Dans le numéro 75 automne 2013
La transition, une utopie concrète ?
Un certain nombre d'initiatives et d'expérimentations sont menées ici et là regroupées, parfois arbitrairement, sous la bannière de la « transition ». Points communs à la plupart de ces alternatives : la volonté de passer à l'action, de construire, d'être dans le positif, l'inclusif et le concret. Il s'agit d'inventer la société d'après dès aujourd'hui, mais pour quoi faire ? Pour aller où ? Demain sera sans pétrole, équitable, solidaire ; les notions de « local », « résilience » et « faire » reviennent souvent. Comment comprendre ce militantisme qui déroute tant les observateurs attentifs des mouvements sociaux ? Mouvements lance le débat.