Le second volume des oeuvres de Michel Leiris à peine paru dans la
Bibliothèque de la Pléiade, une importante exposition ouvre ses portes au
Centre Pompidou-Metz, à lui consacrée. Brillant éclairage pour cet écrivain
discret et, à bien des égards, secret.
Réunissant les écrits des années trente, le volume dirigé par Denis Hollier
est placé sous le triple signe de l'ethnographie, de l'autobiographie et de
la tauromachie. Quant à l'exposition, son titre, Leiris & Co., en annonce
l'intention : montrer que cette oeuvre si personnelle est pourtant indissociable
de tout un réseau d'amitiés et d'échanges. Leiris (1901-1990)
occupe une place centrale dans l'histoire de la littérature et des arts du
siècle passé ; mais pour qu'apparaisse vraiment cette centralité, il faut
retrouver la trame des rapports qu'il entretint avec des contemporains
capitaux : Picasso, Masson, Miró, Giacometti, Lam, Bacon..., précise
le sous-titre de l'exposition. Mais aussi bien : Breton, Bataille, Sartre,
Césaire, Lévi-Strauss.
Dans ce numéro, Vincent Debaene reprend pour nous le chemin de L'Afrique
fantôme ; Annie Maïllis éclaire l'importance du motif tauromachique ; et
Denis Hollier, son éditeur dans la Pléiade et l'un des commissaires de
l'exposition Leiris & Co., relie toutes ces figures de Leiris qui, ensemble,
composent l'un des portraits possibles de notre XXe siècle.