Dès le théâtre grec les animaux envahissent la scène : oiseaux, insectes, tout ce qui grouille et fait du bruit sur les collines de la très jeune Athènes. Mais il suffit de la nuit, de la lune, ou même d'une vibration de la lumière pour que la bête familière laisse place à la forme inquiétante de la chienne Erinye, du Sphinx. Les Grecs le savaient, le théâtre est le lieu privilégié de la métamorphose, l'aire où la monstruosité latente de l'humanité passe du corps de la bête à celui de l'homme par le moyen de la transe dionysiaque. Parfois le corps humain ne se modifie pas, il reste apparemment intact, apparemment beau, mais le déchaînement meurtrier a tout de même lieu : c'est le fauve Médée tuant sa portée. L'acteur lui-même, cherchant à renouer avec l'instinct pur, devient " bête de scène ". Et ainsi, tragique ou grotesque, d'Eschyle à Ionesco, de Shakespeare à Lenau, l'animal raconte l'homme. Lui renvoie son effrayante ou dérisoire image.
Caractéristiques
Éditions :Ophrys
Nombre de pages :221
ISBN :9782708010130
Date de publication :1 avril 2002
Dimensions (L x H x E cm) :1.5 X 24 X 15.5
Poids (g) :400
Reliure :Broché
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