Quatrième de couverture
Dans l'entre-deux-guerres, la CFTC apparaît avant tout comme l'expression d'un syndicalisme d'employés chrétiens, aux allures encore bien sages. Au milieu des années soixante-dix, la CFDT a imposé l'image séduisante et déconcertante d'une organisation audacieuse et inventive, ouvrière et technicienne, à la fois " radicale " et " moderniste ". Il est difficile de rendre compte d'une telle évolution sans rencontrer à chaque étape les " métallos " de la CFTC-CFDT. Marginale dans les années vingt, la Fédération de la Métallurgie tente péniblement de conjuguer syndicalisme chrétien et syndicalisme ouvrier. Après-guerre, elle incarne la " prolétarisation " de la CFTC en devenant la fédération la plus puissante. L'accession du métallurgiste Eugène Descamps au secrétariat général prépare la " déconfessionnalisation " de la centrale chrétienne, qui devient CFDT en 1964. Des premières grèves précautionneuses à l'épopée de Lip, de la doctrine sociale de l'Eglise au socialisme autogestionnaire, le chemin parcouru est considérable. Mieux mettre en lumière la part des métallos dans l'" évolution " de la CFTC-CFDT, c'est aussi, au travers d'un prisme particulier, relire plus d'un demi-siècle d'histoire sociale, politique, économique et culturelle française, des lendemains de la Grande Guerre au seuil de la crise des années soixante-dix.