Quatrième de couverture «Sui generis : De son espèce, de ce qui n'appartient qu'à lui. Ex. : odeur sui generis» (pages roses du dictionnaire). Titre latin pour un itinéraire bien parisien : celui de Marie-Juan (héroïne), mélange moderne - version bourgeoise - de Bécassine, d'Alice au Pays des Merveilles, avec quelques allures de la Strada de Fellini... Premier roman : celui où l'on vide son sac, où l'on règle son compte au passé immédiat, où l'on tord le cou à la réalité pour la transfigurer et apporter un peu d'encre au moulin de la rigolade. Humour et lucidité sont les clefs de cette petite promenade à travers les antichambres de la vie. Les milieux sont classiques : Université (vue sous un angle un peu ironique), ORTF (insolite), etc. Ils sont ceux que l'on met sous la dent des enfants de l'après-guerre en guise d'aventure ; comme ils s'y ennuient, ils ont ce sourire un peu distant de l'héroïne, mais la rage au cœur des bêtes entravées et avides d'espace. Les salles d'attente ne suffisent d'ailleurs ni à Loysel, personnage anachronique et amical, ni à Nine, confidente de tragédie classique née à Villeneuve-Saint-Georges, plus rompue à l'art du métro qu'aux exercices de linguistique structurale. Le personnage central finit par devenir écrivain. Une question se pose au lecteur : «Ce roman est-il autobiographique ?»