Comment Hegel reprend-il à son compte l'expression de
«droit naturel» pour désigner le droit comme l'expression
de la liberté, la réalisation effective de la volonté libre ? Dès
lors, le droit naturel, c'est le droit entendu «en son sens le
plus large», puisqu'il est «comme une seconde nature» : en
effet, il n'est pas l'Esprit absolu, absolument libre, mais
l'Esprit objectif, celui qui porte les marques de la naturalité
(la famille, le Prince).
Ainsi, pour comprendre dans sa singularité l'usage hégélien
du concept de droit, cet ouvrage examine les rapports
du droit hégélien, d'abord au droit positif des juristes (en
particulier à propos de la question de la peine), puis à la
morale en tant que constitutive de la vie éthique, enfin au
droit du particulier. Analysant ensuite le rapport de l'État à
la société civile au travers de l'étude des rôles respectifs du
Prince, des fonctionnaires et de l'Église, il aborde, pour finir,
la question du droit international et celle de la souveraineté
de l'État.
Au terme de ce questionnement, il en résulte que l'État, tel
que le définit Hegel, se présente sous le modèle d'une
monarchie constitutionnelle libérale - et ceci quoique ce ne
soit pas, en définitive, à elle que revienne de réaliser effectivement
l'Esprit absolu dans le système encyclopédique.