L'esprit et le monde est un classique de la philosophie
contemporaine et a joué, depuis sa parution en 1994,
un rôle important dans les débats philosophiques en cours.
En reprenant en des termes nouveaux les distinctions
usuelles, héritées de Kant, entre l'esprit et le monde, entre
les concepts et l'expérience, entre la connaissance et
l'action, John McDowell veut nous défaire d'une image
trop prégnante, celle du divorce entre nos capacités
rationnelles et notre «nature animale».
Il entreprend pour cela une analyse critique de l'expérience
perceptive qui permet de distinguer en celle-ci un contenu
propositionnel et d'en faire une connaissance. L'expérience
est l'actualisation dans la sensibilité de capacités naturelles
proprement conceptuelles.
Conciliant la rigueur de l'enquête analytique et des
vues synthétiques plus coutumières de la philosophie
continentale, John McDowell s'appuie tant sur
Wittgenstein, Davidson et Putnam que sur Gadamer,
Marx ou Aristote, pour proposer une philosophie qui
soit capable d'échapper au va et vient du naturalisme et
du platonisme, une philosophie de la «seconde nature».