L'action déterminée est-elle libre ? C'est là une question
centrale dans la théorie de l'action proposée par les
premiers stoïciens (IIIe siècle av. J.-C.). Cette question est
en effet au coeur de la tension qui surgit sous différentes
formes dans la psychologie et dans l'éthique stoïcienne.
Défendant une thèse «compatibiliste» qui associe
déterminisme et autonomie, ce livre veut montrer, contre
l'interprétation usuelle, que la relation entre liberté et
déterminisme est, dans l'ancien stoïcisme, une relation
de dépendance, car la détermination de l'homme est
la condition de sa vraie liberté qui n'est, elle-même, que
la manifestation d'un rapport à l'univers dont l'homme
se perçoit comme l'une des parties. L'enjeu de cette
interprétation est de révéler la cohérence de la théorie
stoïcienne de l'action qui n'apparaît que si ses différentes
parties - la psychologie de l'action, la théorie des vertus
et celle de la liberté - ainsi que les paradoxes qu'elles
engendrent sont pensés ensemble.