Dans la semi-pénombre d'une
chambre en désordre, dont tout le
faste se résume à un lit trop vaste
pourvu d'un somptueux baldaquin
rouge, un homme étreint une
jeune femme tout en poussant le
verrou qui scelle leur isolement.
Réalisée à la fin des années 1770
pour un collectionneur réputé et
exigeant, le marquis de Véri, cette
peinture érotique, apparemment légère, mais affichant une ambition
réelle, devait servir de pendant à une Adoration des bergers.
Le Verrou, que le souffle de la passion emporte, s'inscrit dans tout
un ensemble de représentations amoureuses parfois grivoises,
éminemment représentatives de l'esprit de la société française à
l'heure où les Lumières vont bientôt vaciller. Elle semble inaugurer
également tout un renouvellement de l'inspiration de Fragonard
et de la peinture française à l'unisson.