Aucun des princes allemands de la Renaissance ne posséda une
collection aussi riche en instruments scientifiques et techniques
qu'Auguste de Saxe (1526-1586). Fasciné par la technologie
et les arts mécaniques qu'il pratiquait lui-même, l'Électeur de
Saxe rassembla plus de 7000 outils grâce au concours d'artisans
et d'inventeurs virtuoses, au premier rang desquels figure
Leonhard Danner (1507-1585) de Nuremberg. C'est lui qui imagina
pour l'Électeur ce magnifique banc d'orfèvre ou «banc à tirer»
(Ziehebanck) qui fut inventorié en tête des collections d'outils
saxonnes et constitue aujourd'hui l'une des oeuvres phares du
musée national de la Renaissance.
Objet d'apparat mais également d'usage, outil à tréfiler, le
banc d'orfèvre suscitait jusqu'ici bien des interrogations. Si son
origine prestigieuse et son admirable décor de marqueterie et
de métal gravé justifiaient pleinement une étude approfondie, la
complexité de ses mécanismes pouvait décourager conservateurs
et historiens. Une approche pluridisciplinaire s'est donc révélée
nécessaire pour comprendre son fonctionnement et le rendre
accessible, grâce à un travail de médiation multimédia, à un
public non initié. Piloté par le musée en partenariat avec l'École
nationale d'ingénieurs de Metz (ENIM), le projet a mobilisé de
nombreuses personnalités : ingénieurs, conservateurs spécialisés
dans les arts du métal et l'histoire des sciences et techniques,
conservateurs des musées de Dresde, restaurateurs (bois et
métal), orfèvres... Ce livre est né de la complémentarité de leurs
approches.