Depuis le début des années quatre-vingt-dix et l'émergence de la
troisième République, Madagascar sort doucement d'une longue
période de fermeture qui a contribué à la dégradation de ses infrastructures
et du niveau de vie de ses habitants. Considérée comme
l'un des pays les plus pauvres de la planète mais aussi comme l'un
des plus riches en termes de biodiversité spécifique, la Grande Île
fait l'objet, depuis deux décennies, d'une série de mesures de développement
qui tentent de relever le défi de lutter contre la pauvreté
tout en protégeant la biodiversité.
Au travers des multiples réformes et des projets menés avec un
nombre incomparable d'acteurs, le terrain malgache déploie toute
la richesse de son exemplarité et de ses spécificités. Il nous entraîne
aussi vers de plus larges débats portant sur le traitement de la question
des rapports entre l'Homme et la Nature. De l'utilisation des
connaissances dans la conceptualisation des outils et des modèles
du développement. De l'urgence qui semble caractériser la mise
en projet. De la pertinence de l'échelle de mesure «coût/avantages».
Ou encore du droit à la parole que l'on reconnaît ou non aux populations
concernées par des projets qui influent directement sur
leurs conditions d'existence.
Les auteurs réunis dans cet ouvrage, relevant de disciplines différentes,
entrent dans le débat en partant de leur expérience de terrain.
Le caractère parfois contradictoire de ces contributions
témoigne de l'ardeur de questions contemporaines, tant sur la
scène du développement que sur celle du positionnement disciplinaire
et théorique.